Billets publiés en janvier 2015

CDPQ : la bonne nouvelle… et les mauvaises

Jeudi 15 janvier 2015 à 12 h 54 | | Pour me joindre

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MCAuger

À première vue, c’est une très bonne nouvelle, au point où l’on peut se demander pourquoi on n’y avait pas pensé avant. La Caisse de dépôt et placement se servira de l’énorme bas de laine qu’elle gère au nom des Québécois pour construire des infrastructures qui serviront aux Québécois.

Après tout, ce qui est bon pour Londres ou Vancouver, ce devrait l’être pour Montréal. Et Montréal a rudement besoin d’investissements majeurs dans de nouvelles infrastructures de transports en commun.

Mais avant de se réjouir, il faudra quand même être rassuré sur certains points. D’abord, la Caisse va jouer un rôle qu’elle n’a jamais voulu assumer avant, soit celui d’opérateur dans un de ses investissements majeurs. Même si la Caisse a une histoire de succès et qu’elle apprend vite, on ne connaît pas ses talents dans les opérations quotidiennes des chemins de fer.

Prendre une participation dans un train à Vancouver est facile pour la Caisse. Ce qu’on achète, on peut toujours le vendre, à perte, au besoin. Ce n’est pas du tout la même chose pour une ligne de train qu’on a non seulement financée, mais fait construire et dont on est l’opérateur.

Si l’investissement devait mal tourner, qui va vouloir acheter un train si la Caisse qui l’a financé, fait construire ou l’a exploité pendant quelques années n’en veut plus? Poser la question c’est, hélas, y répondre…

L’autre problème est celui de l’indépendance de la Caisse. On a beau dire qu’il y aura un mur de feu qui empêchera le gouvernement d’imposer des projets à la Caisse, il restera toujours que c’est le gouvernement qui nomme le président de la Caisse. Si celui-ci veut un renouvellement de mandat, par exemple, il aura toujours intérêt à ne pas contredire son patron.

Enfin, ces investissements vont obliger la Caisse à faire de délicats arbitrages avec ceux qui deviendront ses clients.

D’abord, il y aura les retraités (et futurs retraités) qui voudront que la Caisse fasse toujours de meilleurs rendements, puisque leur rente dépendra directement de ce rendement. D’autre part, il y aura les usagers de ces infrastructures qui se demanderont toujours si leur tarif sert à payer leur passage dans le train ou les besoins de la Caisse en rentabilité.

La Caisse sera toujours tiraillée entre ces deux missions. Michael Sabia est aussi bien de s’habituer tout de suite aux usagers du transport en commun qui iront manifester aux assemblées annuelles de la Caisse.

Enfin, qu’on le veuille ou non, la Caisse deviendra un joueur de plus dans la forêt déjà dense des intervenants dans le transport collectif dans la région de Montréal. Aux STM, AMT et autres RTL, il faudra désormais ajouter la CDPQ.

Ça fait beaucoup de questions sans réponses pour ce qui devrait être une bonne nouvelle!